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ALLEMAGNE-COSTA RICA (4-2) MATCH D'OUVERTURE

ALLEMAGNE-COSTA RICA (4-2) MATCH D'OUVERTURE
L'Allemagne en trompe-l'oeil!!!

Sa XVIIIe Coupe du monde parfaitement lancée par une cérémonie d'ouverture très couleur locale, l'Allemagne, pourtant auteur d'un premier but rapide mais toujours aussi fébrile défensivement, a laissé, pour son match inaugural face au Costa-Rica, une impression bien mitigée. Victorieuse (4-2) grâce notamment à un doublé de Miroslav Klose, la Mannschaft, privée de Ballack, a rempli sa mission et déjà pris une belle option sur la qualification dans le Groupe A.
Klose, auteur d'un doublé, lance idéalement la Mannschaft. Elle est bien née! La Coupe du monde allemande, XVIIIe du nom, est partie sur des bases élevées. Quatre ans après un Mondial asiatique à la moyenne de buts par match famélique (2,52, soit la deuxième plus mauvaise moyenne de l'histoire, ndlr), Allemands et Costariciens ont lancé la compétition de la meilleure des façons. Bien malgré eux toutefois... Les largesses défensives des deux formations, offertes au milliard et demi de téléspectateurs attendus, n'auront pas échappé non plus aux 170 champions du monde présents avant le coup d'envoi, dans cette Allianz Arena de Munich, lors d'une cérémonie d'ouverture qui aura fait la part belle au folklore bavarois.
Au premier rang desquels le Roi Pelé, en charmante compagnie avec à son bras le mannequin allemand Claudia Schiffer, qui, bien que chantre de l'offensive, sait à quel point un titre mondial tient aussi, et aujourd'hui plus qu'hier, à la solidité de la défense du futur champion. Si l'Allemagne a pris les trois points qu'elle attendait, inscrit quatre buts, dont un doublé de son incontestable buteur, Miroslav Klose, parti sur les bases de son dernier Mondial (5 buts), et comblé globalement ses supporters, sa performance n'échappe pas à la critique. Face à une équipe du Costa-Rica, rapidement dépassée par l'impact physique de son adversaire, la Mannschaft aura étalé ses limites défensives endémiques. Un mal exposé lors de ses matches de préparation et qui ne s'est pas évaporé par la magie de la compétition démarrée...
Champion du monde oui, mais pas avec cette défense
L'Allemagne, privée finalement de Michael Ballack, forfait en dépit de son annonce, assurant son rétablissement, dans un grand quotidien le matin même, sera peut-être sacrée championne du monde dans un mois mais certainement pas avec une défense aussi négligente, capable, alors que le petit défenseur du Bayern Munich, Philipp Lahm, d'une frappe enroulée et superbe depuis l'angle gauche de la surface des Ticos, avait placé les siens sur la meilleure des voies (1-0, 6e). La lenteur de la charnière centrale Metzelder-Mertesacker, combinée à l'alignement catastrophique de l'ensemble du système défensif, ne tardera pas à annihiler cet avantage.
Paulo Wanchope, l'avant-centre costaricien, sur l'un des rares ballons qu'il aura eu à négocier au cours de ce match, partait à la limite du hors-jeu et profitait de l'oubli coupable du joueur du Herta Berlin, Arne Friedrich. L'excuse de la jeunesse, souvent avancée pour expliquer les défaillances de cette arrière-garde allemande, ne valait pas, Friedrich, à 27 ans et avec 34 sélections à son actif, n'étant pas un débutant. Wanchope ne se faisait pas prier pour battre Lehmann de près et sérieusement refroidir l'ambiance (1-1, 12e). Un score de parité surprise mais l'inquiétude n'allait durer que l'espace de cinq minutes. Le temps pour Bastian Schweinsteiger d'adresser un centre en retrait parfait à destination de Tim Borowski, dont le centre à ras de terre, suffisant pour mettre à mal une défense adverse elle aussi très large, trouvait Miroslav Klose seul au second poteau (2-1, 17e).
La surprise crainte était repoussée. Mais la reprise avait de quoi faire courir le frisson parmi les millions de supporters allemands. Sur un corner de Ticos, Fonseca, libre du moindre marquage au point de penalty, plaçait sans la moindre difficulté une tête plongeante non cadrée (47e). Une faute incroyable à ce niveau de compétition qui en dit long sur le manque de repères de la défense allemande. Des manques d'autant plus regrettables que l'attaque orchestrée par Tim Borowski, suppléant de Ballack, fonctionnait elle à plein.
Bon anniversaire Klose!
Jürgen Klinsmann peut bien regretter l'arbitrage, sa défense bat de l'aile... Et Miroslav Klose, le jour de ses 28 ans, s'offrait le plus beau des cadeaux d'un doublé qui ne devait rien à personne. Le meilleur buteur de Bundesliga, pas dépaysé par cette avalanche de buts, plaçait, à la réception d'un bon centre, une tête smashée que repoussait le portier costaricien Porras. Mais le buteur du Werder Brême suivait et doublait la mise (3-1, 60e). Le Costa-Rica, physiquement dépassé, ne réagissait plus et pourtant, Wanchope, parti une nouvelle fois à la limite d'un hors-jeu, cette fois sans doute bien réel, mais qui avait encore mis en évidence l'alignement à contre-temps de Friedrich, s'offrait lui aussi le doublé (3-2, 76e).
Le dernier but de Torsten Frings, dans la pure tradition des canonniers allemands, sur une frappe "kolossale" des trente mètres donnait à ce succès initial une ampleur plus adaptée à l'événement (4-2, 87e). Mais sur son banc, Jürgen Klinsmann ne pouvait pas fermer les yeux sur les conditions de cette victoire...

# Posté le samedi 10 juin 2006 07:28

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